
Congé maternité et paternité : l’arrivée d’un enfant ouvre droit à des congés spécifiques pour les deux parents, indemnisés par la Sécurité sociale. Le congé maternité dure 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant (6 semaines avant l’accouchement et 10 semaines après), tandis que le congé paternité a été porté à 28 jours dont 7 obligatoires depuis juillet 2021. Ces absences sont protégées : le contrat de travail est suspendu et aucun licenciement ne peut être prononcé pendant cette période ni dans les semaines suivantes, sauf faute grave non liée à la grossesse.
Ce guide vous accompagne pas à pas dans la gestion des congés maternité et paternité. Nous détaillons la durée des congés selon la situation familiale, le calcul des indemnités journalières versées par la CPAM, les formalités à accomplir par le salarié et l’employeur, les obligations de maintien de salaire le cas échéant, ainsi que la protection de l’emploi avant, pendant et après le congé.
Sommaire
- Durée du congé maternité
- Durée du congé paternité
- Indemnisation par la Sécurité sociale
- Protection de l’emploi
- Conclusion
Durée du congé maternité selon la situation
La durée du congé maternité varie selon le nombre d’enfants déjà à charge et le nombre d’enfants attendus. Pour un premier ou deuxième enfant (grossesse simple), le congé dure 16 semaines : 6 semaines de congé prénatal avant la date présumée d’accouchement et 10 semaines de congé postnatal après la naissance. La salariée peut demander à reporter une partie du congé prénatal (3 semaines maximum) sur le congé postnatal, avec l’accord du médecin, portant le congé postnatal à 13 semaines. Pour un troisième enfant ou plus, la durée totale passe à 26 semaines (8 semaines prénatales et 18 semaines postnatales).
En cas de grossesse multiple, les durées sont allongées pour permettre à la mère de récupérer d’un accouchement plus éprouvant et de s’occuper de plusieurs nouveau-nés. Pour des jumeaux, le congé est de 34 semaines (12 prénatales et 22 postnatales). Pour des triplés ou plus, il atteint 46 semaines (24 prénatales et 22 postnatales). En cas d’accouchement prématuré, la totalité du congé non pris avant l’accouchement est reportée après la naissance. En cas de naissance tardive, le congé prénatal est prolongé jusqu’à la date effective de l’accouchement sans réduction du congé postnatal. Certaines complications médicales (grossesse pathologique, accouchement difficile) peuvent ouvrir droit à des prolongations supplémentaires sur prescription médicale.
Durée du congé paternité et d’accueil de l’enfant
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant a été réformé en juillet 2021 pour atteindre 28 jours calendaires (contre 11 auparavant) pour une naissance simple. Ce congé se décompose en deux parties distinctes : une première période obligatoire de 7 jours consécutifs devant être prise immédiatement après le congé de naissance de 3 jours, et une seconde période de 21 jours pouvant être fractionnée en deux périodes d’au moins 5 jours chacune, à prendre dans les 6 mois suivant la naissance. Le caractère obligatoire de la première période de 7 jours signifie que l’employeur ne peut s’y opposer et doit impérativement libérer le salarié.
Pour les naissances multiples (jumeaux, triplés), le congé paternité est porté à 35 jours calendaires (7 jours obligatoires + 28 jours fractionnables). Le salarié doit informer son employeur de la date prévisionnelle d’accouchement et des dates souhaitées pour les périodes de congé au moins un mois à l’avance. L’employeur ne peut refuser le congé mais peut demander un report de la partie non obligatoire si l’absence simultanée du salarié avec d’autres personnes de l’entreprise serait préjudiciable au fonctionnement. Le congé de paternité est ouvert au père biologique mais aussi au conjoint, partenaire de PACS ou concubin de la mère, quelle que soit leur situation familiale.
Indemnisation par la Sécurité sociale
Les indemnités journalières maternité et paternité sont calculées sur la même base que les IJSS maladie, avec un taux de remplacement de 100% du salaire journalier de référence (contre 50% en maladie), dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale soit 3 864 € brut en 2026. Le salaire journalier de référence correspond aux 3 derniers mois de salaire brut (plafonnés) divisés par 91,25. L’IJSS journalière maximale s’élève donc à 100,36 € brut par jour en 2026, soit environ 3 010 € brut par mois pour une salariée dont le salaire dépasse le plafond. Les IJSS sont soumises à la CSG-CRDS (6,7%), d’où une IJSS nette maximale d’environ 93,63 € par jour.
Pour bénéficier des indemnités journalières maternité, la salariée doit justifier de 10 mois d’affiliation à la Sécurité sociale à la date présumée d’accouchement et avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le début du congé (ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 derniers mois). Les mêmes conditions s’appliquent au congé paternité. La convention collective ou le contrat de travail peuvent prévoir un maintien de salaire intégral par l’employeur pendant le congé maternité ou paternité, sous déduction des IJSS : c’est le cas de la convention Syntec qui prévoit le maintien à 100% du salaire après un an d’ancienneté.
Protection de l’emploi des parents
La salariée en congé maternité bénéficie d’une protection absolue contre le licenciement pendant toute la durée du congé et les 10 semaines suivant la fin du congé (articles L.1225-4 et suivants du Code du travail). Cette protection interdit également de notifier un licenciement pendant cette période, même si la procédure a été engagée avant. Les seules exceptions sont la faute grave non liée à la grossesse ou l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse. La protection commence dès la déclaration de grossesse à l’employeur et s’applique également pendant toute la grossesse, y compris avant le congé maternité proprement dit.
Le père bénéficie d’une protection similaire mais plus courte : interdiction de licenciement pendant les 10 semaines suivant la naissance de l’enfant (article L.1225-4-1). À l’issue du congé maternité ou paternité, le salarié doit retrouver son emploi précédent ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente. L’absence pour congé maternité ou paternité est assimilée à du temps de travail effectif pour l’acquisition des droits à congés payés, l’ancienneté, et la participation aux résultats. La salariée de retour de congé maternité a droit à un entretien professionnel pour évoquer ses perspectives d’évolution et ses éventuels besoins de formation.
Conclusion
Le congé maternité et paternité vous paraissait complexe ? Ce n’est plus le cas après la lecture de ce guide. Les durées sont posées (16 semaines standard pour la mère, 28 jours pour le père), l’indemnisation calculée (100% du salaire plafonné PMSS), la protection de l’emploi documentée. Vous êtes maintenant armé pour accompagner vos salariés parents dans ces moments importants de leur vie.
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