
Gestion des stocks : pour les entreprises commerciales et industrielles, les stocks représentent souvent un poste majeur du bilan et leur valorisation impacte directement le résultat de l’exercice. Le coût des marchandises vendues dépend de la méthode de valorisation retenue, et une variation de stock positive (stock final supérieur au stock initial) augmente le résultat tandis qu’une variation négative le diminue. La comptabilisation des stocks obéit à des règles précises fixées par le Plan Comptable Général et doit faire l’objet d’un inventaire physique au moins une fois par an.
Cet article vous guide à travers la gestion des stocks : ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut faire, et ce qu’il faut éviter. Nous présentons les deux principales méthodes de valorisation des sorties de stock (CMUP et FIFO), les règles de l’inventaire physique obligatoire, les écritures comptables de variation de stock, et les cas de dépréciation des stocks obsolètes ou à rotation lente.
Sommaire
- Méthodes de valorisation des stocks
- Inventaire physique obligatoire
- Écritures comptables de variation de stock
- Dépréciation des stocks
- Conclusion
Méthodes de valorisation des sorties de stock
Le Plan Comptable Général autorise deux méthodes principales pour valoriser les sorties de stock (ventes ou consommations) lorsque les articles sont interchangeables : le Coût Moyen Unitaire Pondéré (CMUP) et la méthode Premier Entré Premier Sorti (PEPS/FIFO). Le choix de la méthode doit être cohérent dans le temps et appliqué de manière permanente pour chaque catégorie de stock. Un changement de méthode n’est possible qu’en cas de modification significative des conditions d’exploitation et doit être mentionné et justifié dans l’annexe aux comptes annuels.
La méthode du CMUP calcule un coût moyen en divisant le total des valeurs en stock (stock initial + entrées) par le total des quantités correspondantes. Ce coût moyen peut être calculé après chaque entrée (CMUP après chaque entrée) ou à la fin de la période (CMUP de période). Exemple : stock initial de 100 unités à 10 € (1 000 €), achat de 50 unités à 12 € (600 €). CMUP = (1 000 + 600) / (100 + 50) = 10,67 € par unité. Les sorties sont valorisées à ce coût moyen. Cette méthode lisse les variations de prix et donne une valeur de stock intermédiaire entre les cours les plus anciens et les plus récents.
Inventaire physique : obligation et organisation
L’article L.123-12 du Code de commerce impose à toute entreprise tenant une comptabilité de contrôler par inventaire au moins une fois tous les douze mois l’existence et la valeur des éléments d’actif et de passif. Pour les stocks, cet inventaire consiste à dénombrer physiquement les quantités présentes dans les entrepôts, magasins et en-cours de production, puis à les valoriser selon la méthode choisie. L’inventaire peut être réalisé à la date de clôture de l’exercice ou à une date proche, sous réserve de pouvoir reconstituer le stock à la clôture par un système d’inventaire permanent fiable.
L’organisation de l’inventaire doit garantir l’exhaustivité et l’exactitude du comptage : zones de stockage clairement délimitées, articles identifiés par référence, équipes de comptage formées, double comptage pour les écarts significatifs, procédure de traitement des mouvements pendant l’inventaire (blocage des entrées/sorties ou traçabilité renforcée). Les fiches ou listings d’inventaire constituent des pièces justificatives à conserver pendant 10 ans. Les écarts entre l’inventaire physique et le stock théorique (inventaire permanent) doivent être analysés et régularisés : le stock comptable est ajusté au stock réel constaté, les écarts inexpliqués étant constatés en charges ou produits exceptionnels.
Écritures comptables de variation de stock
En comptabilité française, les stocks sont généralement suivis selon la méthode de l’inventaire intermittent : les achats sont enregistrés directement en charges (compte 60) et la variation de stock est constatée à la clôture par une écriture de régularisation. L’écriture d’annulation du stock initial débite le compte 6037 « Variation des stocks de marchandises » et crédite le compte 37 « Stocks de marchandises ». L’écriture de constatation du stock final débite le compte 37 et crédite le compte 6037. Le solde du compte 6037 représente la variation de stock qui vient corriger les achats pour obtenir le coût des marchandises vendues.
Exemple : stock initial de marchandises 50 000 €, stock final après inventaire 65 000 €. Écriture 1 (annulation stock initial) : débit 6037 pour 50 000 €, crédit 37 pour 50 000 €. Écriture 2 (constatation stock final) : débit 37 pour 65 000 €, crédit 6037 pour 65 000 €. Le compte 6037 présente un solde créditeur de 15 000 € (variation positive) qui vient diminuer les charges d’achat dans le compte de résultat. Pour les matières premières (compte 31) et en-cours de production (comptes 33-34), les comptes de variation sont respectivement 6031, 71335 et 71345 avec des logiques similaires.
Dépréciation des stocks obsolètes ou à rotation lente
Lorsque la valeur actuelle d’un stock (prix de vente probable diminué des coûts de commercialisation) devient inférieure à son coût d’entrée, une dépréciation doit être constatée conformément au principe de prudence. Cette situation se rencontre pour les stocks obsolètes (produits démodés, composants périmés), les stocks à rotation lente (articles invendus depuis plusieurs exercices), ou les stocks endommagés. La dépréciation est calculée article par article ou par catégorie homogène, et correspond à la différence entre le coût d’entrée et la valeur nette de réalisation.
L’écriture de dépréciation débite le compte 68173 « Dotations aux dépréciations des stocks » et crédite le compte 397 « Dépréciations des stocks de marchandises » (ou 391, 395 selon la nature du stock). Au bilan, la dépréciation vient en diminution de la valeur brute du stock à l’actif. À chaque clôture, les dépréciations sont réexaminées : si la valeur du stock se redresse, une reprise est constatée (débit 397, crédit 78173) ; si le stock est vendu ou détruit, la dépréciation est soldée. La documentation des dépréciations (critères retenus, calculs) doit être conservée pour justifier leur montant en cas de contrôle fiscal.
Conclusion
En résumé, la gestion des stocks se maîtrise en comprenant les méthodes de valorisation (CMUP ou FIFO appliquée avec constance), en respectant l’inventaire physique annuel obligatoire, et en dépréciant sans hésiter les stocks dont la valeur de réalisation a chuté. Ces trois piliers constituent le socle d’une gestion efficace. Vous avez désormais tous les éléments en main pour valoriser correctement vos stocks à la clôture.
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