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Augmentation capital social entreprise SARL SAS

Augmentation de capital : cette opération juridique renforce les fonds propres de votre société par émission de nouvelles parts sociales ou actions. Financer la croissance, améliorer la structure financière, accueillir de nouveaux investisseurs : les motivations sont multiples, mais la procédure reste strictement encadrée par le Code de commerce.

Suivez ce guide pratique pour réaliser votre augmentation de capital et éviter les erreurs qui peuvent invalider l’opération.

Sommaire

Modalités d’augmentation de capital

L’augmentation de capital peut s’effectuer selon trois modalités distinctes : les apports en numéraire (versement d’argent frais), les apports en nature (biens meubles ou immeubles apportés à la société), ou l’incorporation de réserves (transformation de bénéfices non distribués en capital). Chaque modalité répond à des objectifs différents et implique des formalités spécifiques.

La décision d’augmenter le capital relève de la compétence exclusive de l’assemblée générale extraordinaire statuant à la majorité qualifiée : deux tiers des parts sociales en SARL, majorité statutaire (généralement deux tiers ou trois quarts) en SAS. Cette délibération fixe le montant de l’augmentation, son prix d’émission, les conditions de souscription et les délais de libération.

Le droit préférentiel de souscription protège les associés existants contre la dilution de leur participation : chaque associé dispose d’un droit de souscrire aux nouvelles parts proportionnellement à sa quote-part actuelle dans le capital. Ce droit peut être supprimé par l’AGE à la majorité qualifiée pour permettre l’entrée de nouveaux investisseurs extérieurs au tour de table initial.

Augmentation par apports en numéraire

L’augmentation par apports en numéraire constitue la forme la plus courante : les souscripteurs versent des fonds qui alimentent la trésorerie de la société. Le capital initial doit être intégralement libéré avant toute nouvelle augmentation en numéraire, sous peine de nullité de l’opération. Cette condition garantit que les associés ont honoré leurs engagements antérieurs.

Le prix d’émission des nouvelles parts se compose de la valeur nominale (portion du capital) et éventuellement d’une prime d’émission (supplément versé pour tenir compte de la valeur réelle de la société). Pour une SARL au capital de 10 000 € divisé en 1 000 parts de 10 €, l’émission de 200 parts nouvelles à 50 € (10 € de nominal + 40 € de prime) génère un apport total de 10 000 € dont 2 000 € en capital et 8 000 € en prime.

Les fonds doivent être déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la société auprès d’une banque, d’un notaire ou de la Caisse des dépôts et consignations. L’attestation de dépôt constitue une pièce obligatoire du dossier de modification. Les fonds sont libérés après immatriculation de l’augmentation au RCS, permettant alors leur utilisation par la société.

Augmentation par apports en nature

L’augmentation par apports en nature consiste à transférer à la société la propriété de biens autres qu’en espèces : fonds de commerce, brevets, marques, immeubles, matériels, créances, titres de participation. L’apporteur reçoit en contrepartie des parts sociales ou actions représentant la valeur des biens apportés, évaluée selon les règles comptables et fiscales applicables.

L’intervention d’un commissaire aux apports s’impose obligatoirement en SARL lorsque la valeur totale des apports en nature dépasse 30 000 € ou représente plus de la moitié du capital social. Ce professionnel, désigné par le tribunal de commerce ou choisi à l’unanimité des associés, vérifie la valeur attribuée aux biens et établit un rapport sous sa responsabilité personnelle.

En SAS, les statuts définissent librement les conditions de recours au commissaire aux apports. À défaut de disposition statutaire, les règles de la SA s’appliquent avec intervention obligatoire du commissaire. Son rapport doit conclure que la valeur des apports correspond au moins à la valeur nominale des actions à émettre, augmentée de la prime d’émission éventuelle.

Incorporation de réserves

L’incorporation de réserves transforme des bénéfices non distribués (réserves libres, report à nouveau créditeur, primes d’émission antérieures) en capital social sans apport de fonds nouveaux. Cette opération améliore la présentation du bilan en renforçant les capitaux permanents et peut faciliter l’obtention de financements bancaires ou la confiance des partenaires commerciaux.

L’augmentation par incorporation se réalise soit par élévation de la valeur nominale des parts existantes (pas de création de parts nouvelles), soit par attribution gratuite de parts nouvelles aux associés proportionnellement à leur participation actuelle. Une société au capital de 50 000 € (5 000 parts de 10 €) incorporant 25 000 € de réserves peut porter les parts à 15 € ou créer 2 500 parts nouvelles.

Cette modalité n’affecte pas la trésorerie de la société puisque aucun flux financier n’intervient : il s’agit d’un simple reclassement comptable entre postes de capitaux propres. Les associés ne versent rien et ne perçoivent rien, mais détiennent davantage de capital social représentant la même quote-part de l’entreprise qu’avant l’opération d’incorporation.

Formalités et enregistrement

Le procès-verbal d’AGE constatant l’augmentation de capital doit être enregistré auprès du service des impôts des entreprises dans le mois suivant sa date. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 125 € (droit fixe) pour la plupart des augmentations, avec des règles spécifiques pour les apports immobiliers (droits de mutation selon la nature du bien et le régime applicable).

La modification des statuts intègre le nouveau montant du capital et la nouvelle répartition entre associés. Cette mise à jour doit être certifiée conforme par le représentant légal. Un avis de modification est publié dans un journal d’annonces légales du département du siège social, coût moyen 150 à 200 € selon le journal et la longueur de l’annonce.

Le dépôt au greffe du tribunal de commerce comprend le formulaire M2, le PV d’AGE certifié conforme, les statuts mis à jour, l’attestation de dépôt des fonds (si apports en numéraire), le rapport du commissaire aux apports (si apports en nature), l’attestation de parution de l’annonce légale. Le coût du dépôt s’élève à environ 200 € via Infogreffe.

Conclusion

Passons aux choses sérieuses. Vous avez lu ce guide sur l’augmentation de capital, vous comprenez les modalités et les formalités. Maintenant, appliquez ces conseils concrètement. Commencez par vérifier que votre capital actuel est intégralement libéré et que vos réserves permettent l’opération envisagée.

Un doute persiste ? Un cas particulier vous bloque ? Posez votre question à nos comptables, vous recevrez une réponse personnalisée sous 24 heures maximum.

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