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Changement d’objet social : la modification de l’activité décrite dans les statuts de votre société nécessite une décision solennelle des associés et l’accomplissement de formalités de publicité. L’objet social définit le périmètre des activités que la société peut exercer légalement ; toute activité exercée en dehors de cet objet engage la responsabilité personnelle du dirigeant. L’extension, la réduction ou la transformation de l’objet social accompagne souvent les évolutions stratégiques de l’entreprise.

Ce guide détaille le changement d’objet social : décision d’assemblée générale, modification des statuts, formalités de greffe et conséquences fiscales selon le Code de commerce.

Sommaire

Décision de modification de l’objet social

Le changement d’objet social constitue une modification des statuts nécessitant une décision de l’assemblée générale extraordinaire des associés. Dans une SARL, cette décision requiert la majorité des deux tiers des parts sociales représentées. Les statuts peuvent prévoir une majorité plus élevée mais ne peuvent pas descendre en dessous de ce seuil légal. Dans une SAS, les conditions de majorité sont librement fixées par les statuts qui peuvent prévoir l’unanimité ou une majorité qualifiée selon l’importance accordée à cette décision par les fondateurs.

L’ordre du jour de l’assemblée mentionne expressément le projet de modification de l’objet social et le texte proposé pour la nouvelle rédaction. Les associés doivent pouvoir examiner le projet avant de voter ; un délai de réflexion suffisant leur est accordé entre la convocation et la tenue de l’assemblée. Le procès-verbal de l’assemblée constate le vote favorable et reproduit intégralement le nouvel article des statuts relatif à l’objet social. Le représentant légal est généralement habilité à accomplir toutes les formalités de publicité nécessaires.

Le changement d’objet social peut être total lorsque l’entreprise abandonne complètement son activité d’origine pour une activité totalement différente, ou partiel lorsqu’il s’agit d’étendre les activités existantes à de nouveaux domaines connexes ou complémentaires. L’extension progressive de l’objet social est fréquente pour les entreprises qui diversifient leur offre ou intègrent verticalement leur chaîne de valeur. La réduction de l’objet social peut intervenir lors de la cession d’une branche d’activité ou de la spécialisation sur un métier cœur.

Rédaction du nouvel objet social

L’objet social doit être rédigé de manière suffisamment précise pour que les tiers puissent identifier les activités exercées par la société, et suffisamment large pour permettre une certaine souplesse dans le développement de l’entreprise sans nécessiter de modification à chaque évolution mineure. L’objet énumère généralement les activités principales exercées ou envisagées suivies d’une clause d’extension permettant d’exercer toute activité connexe ou complémentaire. Cette clause de style évite les modifications statutaires trop fréquentes.

Certaines activités réglementées nécessitent des mentions spécifiques dans l’objet social et l’obtention d’autorisations administratives préalables. L’activité d’agent immobilier impose la détention d’une carte professionnelle délivrée par la CCI. L’activité de transport routier de marchandises nécessite une licence de transport. Les activités financières sont soumises à agrément de l’ACPR ou de l’AMF. L’exercice d’une activité réglementée sans autorisation expose la société et ses dirigeants à des sanctions pénales indépendamment de la régularité de l’objet social.

La rédaction du nouvel objet social doit prendre en compte les codes APE/NAF attribués par l’INSEE qui caractérisent l’activité principale de l’entreprise. Un changement significatif d’objet social entraîne généralement une modification du code APE lors de la déclaration au greffe. Le code APE influence l’affiliation aux conventions collectives, les taux de cotisation accidents du travail et certains avantages fiscaux sectoriels. Un expert-comptable peut vous conseiller sur la formulation optimale de l’objet social au regard de ces enjeux.

Formalités de publicité

La modification de l’objet social doit être publiée dans un journal d’annonces légales habilité dans le département du siège social dans le mois suivant la décision. L’annonce mentionne la dénomination sociale, la forme juridique, le capital, le siège, le numéro RCS, l’ancien objet social (résumé), le nouvel objet social et la date de la décision. Le coût de l’annonce varie selon la longueur du texte et le département, généralement entre 150 et 250 euros.

Le dossier de modification est déposé au greffe via le guichet unique de l’INPI comprenant le formulaire de modification complété, le procès-verbal de l’assemblée certifié conforme, les statuts mis à jour certifiés conformes et l’attestation de parution de l’annonce légale. Les frais de greffe s’élèvent à environ 200 euros incluant l’inscription modificative et la publication au BODACC. L’extrait Kbis mis à jour mentionne le nouvel objet social et le nouveau code APE le cas échéant.

Le délai de traitement varie selon la charge du greffe, généralement entre une et trois semaines pour une modification simple. Si le nouvel objet social comprend une activité réglementée, le greffier peut demander la justification de l’autorisation administrative correspondante avant d’inscrire la modification. L’absence de déclaration de modification d’objet social au greffe rend la modification inopposable aux tiers qui peuvent ignorer l’évolution de l’activité de la société. Plus d’informations sur Infogreffe.

Conséquences juridiques et fiscales

Un changement total d’objet social peut être assimilé fiscalement à une cessation d’entreprise suivie de la création d’une entreprise nouvelle. Cette requalification entraîne l’imposition immédiate des bénéfices en sursis d’imposition et des plus-values latentes sur les actifs de la société. En pratique, l’administration fiscale apprécie au cas par cas si le changement d’objet modifie substantiellement la nature de l’activité ou s’il s’inscrit dans une continuité d’exploitation. Un rescrit fiscal peut sécuriser le traitement fiscal du changement d’objet envisagé.

Le changement d’objet social peut modifier l’affiliation conventionnelle de l’entreprise si la nouvelle activité principale relève d’une autre convention collective. Les contrats de travail des salariés sont maintenus mais les classifications et les avantages conventionnels peuvent être impactés. La procédure de dénonciation et de substitution de convention collective doit être respectée le cas échéant avec consultation des représentants du personnel et respect d’un préavis.

L’assurance responsabilité civile professionnelle doit être mise à jour pour couvrir les nouvelles activités exercées. Une activité non déclarée à l’assureur peut entraîner la nullité de la garantie en cas de sinistre survenant dans le cadre de cette activité. De même, les contrats bancaires et les garanties associées peuvent comporter des clauses limitant les activités autorisées ; un changement significatif d’objet doit être notifié aux établissements prêteurs pour éviter tout risque de déchéance du terme des emprunts en cours.

Conclusion

Le changement d’objet social nécessite une décision d’AGE à la majorité des deux tiers (SARL) ou selon les statuts (SAS). Les formalités comprennent l’annonce légale (150-250€) et le dépôt au greffe (~200€) avec statuts mis à jour. Un changement total peut être requalifié en cessation-création avec conséquences fiscales ; un rescrit peut sécuriser l’opération. L’affiliation conventionnelle, les assurances et les contrats bancaires doivent être mis à jour.

Vous envisagez de modifier l’objet social de votre société ? Nos experts analysent les conséquences et prennent en charge les formalités.

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