
Dividendes : la distribution de bénéfices aux associés constitue la rémunération de leur investissement en capital dans la société. Les dividendes ne peuvent être prélevés que sur les bénéfices distribuables comprenant le résultat de l’exercice augmenté du report à nouveau bénéficiaire et diminué des pertes antérieures et de la dotation à la réserve légale. La décision de distribution relève de l’assemblée générale ordinaire annuelle approuvant les comptes.
Découvrez dans cet article les dividendes en détail : conditions de distribution, calcul du bénéfice distribuable, régime fiscal et optimisation selon le Code général des impôts.
Sommaire
- Conditions de distribution
- Calcul du bénéfice distribuable
- Fiscalité des dividendes
- Optimisation dividendes vs rémunération
- Conclusion
Conditions de distribution des dividendes
La distribution de dividendes nécessite l’existence de bénéfices distribuables et une décision régulière de l’assemblée générale. Sans bénéfice distribuable, toute distribution constitue une distribution de dividendes fictifs constitutive d’un délit pénal passible de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. Le dirigeant qui procède à une telle distribution engage également sa responsabilité civile envers la société et les tiers. La vérification préalable du montant distribuable constitue donc une obligation fondamentale.
L’assemblée générale ordinaire annuelle approuvant les comptes de l’exercice décide de l’affectation du résultat et, le cas échéant, de la distribution de dividendes. La décision précise le montant global distribué, la date de mise en paiement et les modalités de versement. Les statuts peuvent prévoir des droits préférentiels ou des dividendes prioritaires pour certaines catégories de parts ou d’actions. À défaut de stipulation particulière, les dividendes sont répartis entre les associés au prorata de leur participation au capital.
Les dividendes peuvent être distribués en numéraire par virement sur le compte bancaire des associés ou en nature par attribution d’actifs de la société. Les acomptes sur dividendes peuvent être versés avant l’approbation des comptes annuels sous certaines conditions : existence d’un bilan intermédiaire certifié par un commissaire aux comptes attestant de l’existence de bénéfices suffisants, et prélèvement préalable des dotations aux réserves obligatoires. L’acompte est régularisé lors de l’assemblée générale annuelle.
Calcul du bénéfice distribuable
Le bénéfice distribuable se calcule à partir du résultat de l’exercice tel qu’il ressort du compte de résultat approuvé. Ce résultat est augmenté du report à nouveau bénéficiaire représentant les bénéfices des exercices antérieurs non encore distribués ni affectés aux réserves. Il est diminué des pertes antérieures figurant en report à nouveau débiteur qui doivent être résorbées avant toute distribution. La dotation à la réserve légale égale à 5% du bénéfice est également déduite jusqu’à ce que cette réserve atteigne 10% du capital social.
Formule du bénéfice distribuable : Résultat de l’exercice + Report à nouveau créditeur – Report à nouveau débiteur – Dotation à la réserve légale = Bénéfice distribuable. Exemple : une SARL réalise un bénéfice de 100 000 euros. Le report à nouveau créditeur est de 15 000 euros. La réserve légale n’a pas atteint 10% du capital de 50 000 euros. La dotation obligatoire est de 5% × 100 000 = 5 000 euros. Le bénéfice distribuable est de 100 000 + 15 000 – 5 000 = 110 000 euros.
L’assemblée générale peut décider de ne distribuer qu’une partie du bénéfice distribuable et d’affecter le solde en réserves facultatives ou en report à nouveau. Cette politique de mise en réserve renforce les fonds propres de la société et améliore sa capacité d’autofinancement. Les réserves accumulées peuvent être distribuées ultérieurement par décision d’une assemblée générale ordinaire, sous réserve de la préservation de la réserve légale et des éventuelles réserves statutaires indisponibles prévues par les statuts.
Fiscalité des dividendes
Pour l’associé personne physique, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% comprenant 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. Ce taux forfaitaire s’applique par défaut sans abattement. L’associé peut opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu avec application d’un abattement de 40% sur le montant brut des dividendes ; les prélèvements sociaux de 17,2% restent dus sur le montant brut avant abattement. Cette option est globale et s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l’année.
La société distributrice prélève un acompte de 12,8% sur les dividendes versés aux associés personnes physiques résidents fiscaux français. Cet acompte est reversé au Trésor public dans les 15 jours du mois suivant le versement. L’associé peut demander la dispense de ce prélèvement si son revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 euros (célibataire) ou 75 000 euros (couple). La demande de dispense doit être formulée par écrit avant le 30 novembre de l’année précédant le versement.
Pour les dirigeants majoritaires de SARL affiliés au régime des travailleurs indépendants, la fraction des dividendes excédant 10% du capital social, des primes d’émission et des apports en compte courant est assujettie aux cotisations sociales des indépendants (~45%) en plus de l’impôt sur le revenu. Cette règle vise à éviter l’optimisation consistant à se verser des dividendes plutôt qu’une rémunération pour économiser les cotisations sociales. Les dividendes perçus par les dirigeants de SAS ne sont pas soumis à cette règle et ne supportent que les prélèvements sociaux de 17,2%.
Optimisation dividendes versus rémunération
Le choix entre rémunération et dividendes impacte significativement la charge globale pesant sur le dirigeant et sa société. La rémunération du dirigeant est déductible du résultat imposable de la société et réduit donc l’impôt sur les sociétés. Elle supporte les cotisations sociales (environ 45% pour un gérant majoritaire TNS, 80% pour un président de SAS assimilé salarié) et l’impôt sur le revenu au barème progressif. Les dividendes ne sont pas déductibles et sont versés après paiement de l’IS ; ils supportent le PFU de 30% ou le barème avec abattement.
Pour un gérant majoritaire de SARL, l’assujettissement aux cotisations sociales de la fraction des dividendes dépassant 10% du capital réduit l’intérêt de la distribution. L’optimisation passe souvent par une combinaison de rémunération couvrant les besoins courants et de dividendes limités à 10% du capital. Le rehaussement du capital social ou des comptes courants permet d’augmenter le seuil de 10% et de percevoir davantage de dividendes sans cotisations sociales. Cette stratégie doit être adaptée à la situation personnelle du dirigeant et aux besoins de l’entreprise.
Pour un président de SAS, les dividendes échappent aux cotisations sociales quelle que soit leur montant. La comparaison se fait entre le coût global rémunération + charges sociales (~180% du net versé) et le coût dividendes (IS + PFU soit environ 48% du bénéfice brut distribué). À partir d’un certain niveau de revenus, les dividendes deviennent plus avantageux que la rémunération. Un expert-comptable peut réaliser une simulation personnalisée tenant compte de votre situation familiale, de vos autres revenus et de vos besoins de protection sociale.
Conclusion
Les dividendes ne peuvent être distribués que sur le bénéfice distribuable (résultat + report à nouveau – pertes – réserve légale) par décision de l’assemblée générale. Le régime fiscal est le PFU de 30% (12,8% IR + 17,2% PS) ou le barème avec abattement 40% sur option. Pour les gérants majoritaires de SARL, les dividendes au-delà de 10% du capital sont assujettis aux cotisations sociales (~45%). L’arbitrage entre rémunération et dividendes dépend du statut social du dirigeant et de sa situation fiscale personnelle.
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